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Billets de blog

Difficile de croire que les derniers mois de mon mandat de poète officiel de l’Ontario commencent.


La dernière fois que je couchais mes pensées sur le papier[RT1.1], je me remémorais le Mois national de la poésie et un mois d’avril rempli de visites d’écoles, d’évènements communautaires, de spectacles, d’ateliers et de conversations sur le pouvoir des mots.


Le mois de mai a commencé par l’occasion d’échanger avec des élèves et des membres de la communauté de la Monsignor Percy Johnson Catholic School en tant qu’orateur principal, le 8 mai.


Le 11 mai, je me trouvais à la Lester B. Pearson Public School à Aurora pour travailler avec le conseil scolaire du district de la région de York.


Le 12, j’ai vécu une expérience totalement nouvelle qui m’a sorti de ma zone de confort. En partenariat avec The Gatehouse, à l’occasion de leur premier festival, j’ai animé un atelier de poésie centré sur les traumatismes sexuels subis dans l’enfance.


La poésie a toujours été un outil me permettant d’explorer des réalités difficiles, de créer des espaces de guérison et de poser des mots sur des choses qui semblent parfois ineffables. Il était très important à mes yeux de pouvoir appliquer ce travail dans un espace spécialement conçu pour aborder des questions de traumatisme.


Le 13 mai, j’ai changé de vitesse et je me suis retrouvé dans le balado The Champions Table, assis pour un entretien et une conversation sur le travail, le voyage et les choses qui m’inspirent.


Puis il était temps que je fasse une pause avec ma famille en République dominicaine!!


Après ces vacances bien méritées, le 27 mai m’a emporté à nouveau à une édition des Ubuntu series : I am because we are (« Je suis, car nous somme ») en collaboration avec le conseil scolaire catholique du district de Durham.


Du 29 au 31 mai, je suis allé vers le nord, vers Algonquin, pour animer une formation Focus on Youth (« Pleins feux sur la jeunesse ») pour le conseil scolaire catholique de Toronto.


JUIN: excellence noire, lettrisme, jeunesse et famille


Le 2 juin, j’ai eu l’honneur de prendre la parole et de me produire lors de l’ouverture du Centre pour l’excellence noire, organisée par le conseil scolaire catholique du district d’Halton.


Une partie du travail auquel je crois profondément est la création d’occasions de célébrer l’excellence, l’histoire, et la créativité noires, en particulier dans des environnements pédagogiques.


Le 7 juin m’a porté à Hamilton, la ville de l’acier, à l’occasion de LITLive, évènement pour lequel je faisais partie des lectrices et lecteurs à l’affiche.


Le 9, je me suis rendu à Florence Meares Public School à Burlington pour animer bénévolement une séance lors d’une journée du bien-être des jeunes.


Le 17, j’ai participé au tournage d’un rassemblement éclair organisé pour une école d’art de la région de York.


Ensuite, le 18 juin, j’ai eu le plaisir d’animer les MARTY Awards, une cérémonie célébrant les arts et la culture de Mississauga. Je chéris toujours les moments où je retourne à Mississauga pour quelque raison que ce soit. C’est ma maison. Ce sont les communautés qui m’ont façonné, et je n’ai jamais tenu pour acquis le privilège de pouvoir contribuer de différentes manières à la vie culturelle de la ville.


Du 22 au 24 juin, j’étais à nouveau en mode atelier pour Focus on Youth et le conseil scolaire catholique du district de Toronto, dans le but d’animer plusieurs séances centrées sur la littératie financière.


Le 24 juin m’a offert un cadeau bien plus personnel. J’ai assisté à la cérémonie de remise de diplôme du secondaire de mon fils. 🤩🤩🤩🤩J’ai été accueilli sur de nombreuses scènes, dans des classes, des espaces communautaires et je me suis exprimé à maintes reprises au micro, mais rien n’est comparable au sentiment que l’on éprouve lorsqu’on se tient au milieu de la foule pour voir son propre enfant franchir une étape aussi importante.


JUILLET: projets, projets, projets


J’avais prévu tellement de choses que j’avais envie de faire, car j’ai toujours 25 ans dans ma tête. Résultat, j’ai surchargé mon programme sportif et je me suis blessé à la hanche et dans le bas du dos. J’étais hors service pendant quasiment tout le mois et je n’ai pas eu le choix que lever le pied!


Le 21 juillet, j’ai eu l’occasion de donner un cours d’études sur les Noirs dans le cadre d’un cursus d’été. Ce cours était très particulier sur le plan personnel, car c’est ma sœur qui l’enseignait. Elle est éducatrice et son invitation dans sa classe pour partager connaissances, histoire, poésie et perspectives avec ses étudiantes et étudiants était un moment contemplatif particulier.


AOÛT : par-delà les frontières de l’Ontario


Le 15 août, je suis allé à Montréal pour me produire au Parc Oscar Peterson dans le cadre d’un hommage à Marcus Garvey. Le parc se trouve dans le quartier de la Petite-Bourgogne qui habite une communauté noire historique du Québec.


Ce moment de communauté, de performance, de commémoration à Marcus Garvey et de connexion entre l’histoire noire canadienne et l’héritage plus large de la libération, de la culture et de la communauté des Noirs était d’une puissance inouïe.


Le 22 août, j’ai emporté ma poésie à un évènement organisé par End it now où j’ai rencontré la communauté locale. L’évènement consistait en une conversation à propos des violences à l’encontre des femmes et des enfants.


Et le mois est encore loin d’être fini. Le 27 août, je prononcerai un discours de remise de diplômes à l’Université Tyndale.


Le 29, je compterai parmi les têtes d’affiche du Black Lit Festival à Ajax.


Et en un instant, un autre mois se termine.


C’est avec une passion et une motivation inébranlable que je m’engage dans les derniers mois de mon mandat de poète officiel de l’Ontario. Et j’anticipe le moment où je pourrai passer le flambeau à la prochaine ou au prochain poète, qui prendra ma place. À très bientôt!!


Avec toute ma gratitude,


Matthew-Ray Jones, Poète officiel de l’Ontario

 
 

Difficile de croire que j’entame déjà les derniers mois de mon mandat de poète officiel de l’Ontario. Le temps ne se contente pas de passer, il évolue, il nous enseigne, il nous change si l’on y prête attention. Et pendant le Mois national de la poésie, j’ai vraiment prêté attention. C’est mon deuxième avril dans ce rôle et je me suis surpris à non seulement accomplir mon travail, mais à en être également témoin. À le ressentir dans de nouveaux espaces, à travers de nouvelles voix, dans de nouvelles pièces regorgeant de possibilités.


Le mois a débuté à Vaughan, où j’ai travaillé pendant deux semaines avec des élèves de la Forest Run Public School. Douze ateliers. Douces chances de construire quelque chose ensemble. Nous avons exploré la parole comme manière sympa d’ouvrir et de conclure la représentation de la pièce WICKED jr à l’école. Plus que ça : nous avons exploré la langue comme miroir. L’importance de l’ouverture d’esprit, la beauté de l’amitié et le pouvoir de nos différences sont autant de sujets qui ont guidé nos conversations. Cette occasion de regarder les élèves se retrouver dans ces thèmes m’a rappelé la raison pour laquelle la poésie est toujours si importante. Tout a culminé les 6 et 7 mai alors que parents, profs, frères, sœurs et membres de la communauté se sont rassemblés pour assister à la pièce.


Le 18 avril, Barrie a appelé. Lieu d’un rassemblement de poètes transcendant le temps et les titres : Ty the Poetess, Bruce Meyer, George Elliott Clarke et moi-même. Différents parcours, un objectif partagé. En plus de lire des poèmes, nous avons discuté de transmission. Du passé et de l’avenir de la poésie, en particulier dans un monde sous l’influence grandissante de l’IA. Les choses qui nous maintiennent ancrés au sol sont simples : la vérité, l’expression de soi et le besoin d’être entendu.

Dès le lendemain, le 19 avril, j’étais de retour en territoire familier à Sauga City, ou Mississauga. La rencontre de mon ancien terrain de jeu et de l’endroit qui m’a vu grandir, un partenariat entre Mississauga Arts Council et Poets for PEACE. Aux côtés de Tahira, poétesse officielle de la jeunesse de Mississauga et de Andrea, poétesse officielle de Mississauga, nous avons créé un espace. Fait pour non seulement pour déclamer, mais également pour écrire ensemble. Pour rappeler le fait que la poésie ne se limite pas aux scènes, mais qu’elle vit en toute personne prête à écouter leur voix intérieure et à la faire entendre.


Le 23 avril regorgeait d’une énergie différente. La matinée a commencé au Temple de la renommée du hockey par une présentation de la fondation Herb Carnegie and Future Aces. C’est un lieu sportif plein de personnalité. Le soir venu, le ton est devenu plus réflexif alors que nous nous sommes rassemblés aux Archives publiques de l’Ontario à l’occasion d’un évènement spécial à l’Université de York. Avec Randell Adjei, Amani, Britta B, et Realije, nous avons partagé certains de nos textes vieux de plus de vingt ans. C’était un moment empreint de puissance, la relecture de nos propres mots, un aperçu de la personne que nous étions et le fait de se demander si cette voix résonnait encore en nous. C’était l’occasion d’inviter le public au sein de l’exposition Illuminate Black, qui nous rappelle que les archives sont plus qu’un lieu d’histoire, elles sont un lieu de mémoire. Parce que j’étais présent à son inauguration en février dernier, j’avais besoin de poursuivre la conversation qu’elle avait entamée. L’histoire des Noirs est l’histoire du monde, l’histoire des Noirs est l’histoire du Canada.


Du 24 au 26 avril, les jours se sont enchaînés à un rythme effréné, mais ils étaient unis par le thème du lien. Edenwood Public School. Kings Christian Collegiate. Durham District Catholic School Board. Dans des classes, des auditoires et des espaces virtuels, nous avons exploré la question du sens d’utiliser sa voix. La série Ubuntu « I am because we are » (« Je suis parce que nous sommes ») était plus qu’un thème, c’était un état d’esprit. Et chaque endroit a renforcé celui-ci.

J’ai clôturé le mois en retournant à Sauga City, au Mississauga Valleys Community Centre. J’ai ensuite participé à un autre évènement avec le Mississauga Arts Council et la Ville de Mississauga, cette fois centré sur la jeunesse. C’était un moment magnifique, où j’ai pu voir les participantes et participants écrire, construire et se lever devant leurs pairs pour partager leur travail. Quelque chose de magnifique se produit lorsqu’on sort de sa zone de confort pour prendre la parole!


Le mois d’avril était chargé, fatigant mais ravivant et, plus que tout, encourageant. La poésie a ce pouvoir d’atteindre les espaces qui en ont le plus besoin, non pas comme objet esthétique, mais comme fondation. Comme outil, comme pont.


Alors que j’entame les derniers mois de mon mandant, je ralentis. J’écoute et j’observe plus attentivement en me préparant à la suite. J’ai hâte de poursuivre mon voyage dans la province, de continuer à porter cette parole et à laisser la place aux autres de faire de même. Le pouvoir des mots et de la poésie ne s’épuise pas à la fin du mois de célébration nationale. Il vit dans ce que nous construisons au-delà. Alors nous allons continuer à construire!


Avec passion, gratitude et amour,


Matthew-Ray Jones

Poète officiel de l’Ontario

 
 

Cette année, en tant que poète officiel de l’Ontario, le mois de février a demandé quelque chose de plus profond de moi. Comment poursuivre le travail quand personne ne prête attention? Cette question m’a suivi partout où j’allais. L’association P.E.A.C.E., People Everywhere Actually Coexisting Equally, mène ce travail depuis 15 ans. Plus qu’un slogan, c’est une méthode. L’enseignement, l’autonomisation et les liens communautaires nous permettent de laisser notre empreinte partout où nous allons. Oui, ce travail s’effectue lors d’ateliers, de rassemblements, de formations et d’allocutions,  mais il est aussi présent dans une conversation au détour d’un couloir, dans un regard, dans un silence respectueux et dans le moment où une personne réalise que son histoire est importante.


Ce mois-ci, mes empreintes dessinent une carte vivante. Le 2 février à l’aube, pour mon programme annuel de don, je me suis rendu à Holy Rosary alors que le jour n’était pas encore tout à fait éveillé. L’après-midi et son énergie était différente quand je suis allé à l’école JM Deynes. Deux lieux, un même but : planter une graine pérenne et commencer le mois sur les chapeaux de roue. Le 3 février, je me suis rendu à St Bernard of Clairvaux, puis à quelques établissements correctionnels les 5 et 6 février, où la poésie est plus une question de survie que de performance. Ce sont ces moments qui me rappellent que le Mois de l’histoire des Noirs vit à travers nous. Il vit dans nos choix. Il vit dans notre choix de nous regarder les uns les autres entièrement ou non.


Le 11 février, à l’Académie Bishop Allen, je chapeauterai deux assemblées à la suite où je tâcherai de maintenir un niveau d’énergie élevé et constant. Le 12 février à Queen’s Park, le Mois de l’histoire des Noirs est empreint de formalité, P.E.A.C.E. nous enseigne qu’un héritage ne consiste pas en une parole lancée une fois, mais en des actes posés au quotidien. Comme on dit dans le hip-hop, « Keep It Moving to the K.I.M. »!


Le voyage continuera à l’école publique Wilclay le 13 février avec trois artistes qui unissent leurs styles. Le 17 février, j’organiserai un atelier de poésie parascolaire au centre jeunesse Jonathan Davies, à Malton, où les participantes et participants auront l’occasion de partager leurs voix. J’aurai ensuite droit à une journée sans conduite, car j’animerai un évènement virtuel le 18 février, preuve qu’un objectif commun suffit à nous relier sans devoir nécessairement nous rassembler physiquement. Mes prochains arrêts seront St Margaret of Scotland, à Mississauga, le 19 février et l’école publique Ogden Junior à Toronto le 20 février.


Le 23 février, quand je serai à Ste Monica, à Brampton, je fêterai également mes 44 ans, et je ne peux penser à une meilleure manière de fêter mon anniversaire qu’en partageant mon énergie contagieuse avec une école. Puis, le 24 février, je me rendrai à Sts Peter and Paul quand le mois touchera à sa fin. Cette année, je pense beaucoup au concept d’empreinte. À ce que nous laissons derrière nous en quittant une pièce.


Le 25 février me portera de St Francis De Sales, où je serai le matin, à l’école John Dryden, à Whitby pour la mi-journée. Deux villes, une mission. Le 26 février beatbox et poésie se rencontrent à l’école Joseph A. Gibson. Nous enseignerons ce que les manuels scolaires n’abordent pas et nous inviterons quelques élèves à monter sur scène avec nous! Le 28 février, à l’église Adventiste du Septième Jour de Mississauga, le mois ne se termine pas, non, il expire.


Footprints: It’s All About the Journey (Empreintes : tout est dans le voyage). Explorer l’excellence noire. Honorer la résistance. Laisser place à la joie. Repenser le concept d’héritage comme quelque chose qu’on construit par nos actions quotidiennes, et non comme quelque chose qu’on lègue.

C’est pour cela que ces conversations ne peuvent se limiter au mois de février et doivent avoir lieu tous les jours.


Le Mois de l’histoire des Noirs n’attend pas, alors entretenons sa flamme.


Sincères salutations,


Matthew-Ray Jones,

Poète officiel de l’Ontario



 
 
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