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Billets de blog

Cette année, en tant que poète officiel de l’Ontario, le mois de février a demandé quelque chose de plus profond de moi. Comment poursuivre le travail quand personne ne prête attention? Cette question m’a suivi partout où j’allais. L’association P.E.A.C.E., People Everywhere Actually Coexisting Equally, mène ce travail depuis 15 ans. Plus qu’un slogan, c’est une méthode. L’enseignement, l’autonomisation et les liens communautaires nous permettent de laisser notre empreinte partout où nous allons. Oui, ce travail s’effectue lors d’ateliers, de rassemblements, de formations et d’allocutions,  mais il est aussi présent dans une conversation au détour d’un couloir, dans un regard, dans un silence respectueux et dans le moment où une personne réalise que son histoire est importante.


Ce mois-ci, mes empreintes dessinent une carte vivante. Le 2 février à l’aube, pour mon programme annuel de don, je me suis rendu à Holy Rosary alors que le jour n’était pas encore tout à fait éveillé. L’après-midi et son énergie était différente quand je suis allé à l’école JM Deynes. Deux lieux, un même but : planter une graine pérenne et commencer le mois sur les chapeaux de roue. Le 3 février, je me suis rendu à St Bernard of Clairvaux, puis à quelques établissements correctionnels les 5 et 6 février, où la poésie est plus une question de survie que de performance. Ce sont ces moments qui me rappellent que le Mois de l’histoire des Noirs vit à travers nous. Il vit dans nos choix. Il vit dans notre choix de nous regarder les uns les autres entièrement ou non.


Le 11 février, à l’Académie Bishop Allen, je chapeauterai deux assemblées à la suite où je tâcherai de maintenir un niveau d’énergie élevé et constant. Le 12 février à Queen’s Park, le Mois de l’histoire des Noirs est empreint de formalité, P.E.A.C.E. nous enseigne qu’un héritage ne consiste pas en une parole lancée une fois, mais en des actes posés au quotidien. Comme on dit dans le hip-hop, « Keep It Moving to the K.I.M. »!


Le voyage continuera à l’école publique Wilclay le 13 février avec trois artistes qui unissent leurs styles. Le 17 février, j’organiserai un atelier de poésie parascolaire au centre jeunesse Jonathan Davies, à Malton, où les participantes et participants auront l’occasion de partager leurs voix. J’aurai ensuite droit à une journée sans conduite, car j’animerai un évènement virtuel le 18 février, preuve qu’un objectif commun suffit à nous relier sans devoir nécessairement nous rassembler physiquement. Mes prochains arrêts seront St Margaret of Scotland, à Mississauga, le 19 février et l’école publique Ogden Junior à Toronto le 20 février.


Le 23 février, quand je serai à Ste Monica, à Brampton, je fêterai également mes 44 ans, et je ne peux penser à une meilleure manière de fêter mon anniversaire qu’en partageant mon énergie contagieuse avec une école. Puis, le 24 février, je me rendrai à Sts Peter and Paul quand le mois touchera à sa fin. Cette année, je pense beaucoup au concept d’empreinte. À ce que nous laissons derrière nous en quittant une pièce.


Le 25 février me portera de St Francis De Sales, où je serai le matin, à l’école John Dryden, à Whitby pour la mi-journée. Deux villes, une mission. Le 26 février beatbox et poésie se rencontrent à l’école Joseph A. Gibson. Nous enseignerons ce que les manuels scolaires n’abordent pas et nous inviterons quelques élèves à monter sur scène avec nous! Le 28 février, à l’église Adventiste du Septième Jour de Mississauga, le mois ne se termine pas, non, il expire.


Footprints: It’s All About the Journey (Empreintes : tout est dans le voyage). Explorer l’excellence noire. Honorer la résistance. Laisser place à la joie. Repenser le concept d’héritage comme quelque chose qu’on construit par nos actions quotidiennes, et non comme quelque chose qu’on lègue.

C’est pour cela que ces conversations ne peuvent se limiter au mois de février et doivent avoir lieu tous les jours.


Le Mois de l’histoire des Noirs n’attend pas, alors entretenons sa flamme.


Sincères salutations,


Matthew-Ray Jones,

Poète officiel de l’Ontario



 
 

Ma première année en tant que Poète officiel a été véritablement transformatrice. Des salles de classe aux scènes, des bibliothèques aux festivals, des lectures intimistes aux célébrations qui réunissent des villes entières, les maîtres mots de l’année 2024-2025 sont mouvement, langue et communauté. J’ai parcouru la province pour partager de la poésie, créer des liens et voir de mes yeux la puissance avec laquelle l’art, la culture et la communauté rassemblent.


Les évènements de l’année écoulée me remplissent d’une gratitude profonde. Je suis fier de savoir mon nom inscrit dans l’histoire et je suis empli d’excitation à l’idée de poursuivre mon travail.


Queen’s Park – 26 novembre 2024

Un jalon à jamais dans mon cœur. Les privilèges de me trouver à Queen’s Park avec ma famille, de partager ma passion pour les mots, l’art, le hip-hop et les communautés qui m’ont élevé motivent mon travail.


Ma prise de parole à l’occasion du lancement de la majeure en étude sur les Noirs était un moment absolument épique.

Quelle réussite pour cette institution, pour cette communauté et pour les générations qui se sont battues pour cet acte de reconnaissance. Je suis encore abasourdi à l’idée d’avoir participé à ces évènements historiques cette année.


Tout est devenu encore plus irréel quand Dwayne Morgan a affiché nos visages sur un panneau géant sur la place Sankofa à l’occasion du spectacle « When Brothers Speak ». Je n’ai jamais imaginé vivre de telles expériences.


Chaque évènement m’a rappelé que la poésie est bien toujours une force vivante. Notre conversation à propos de la création orale, de la guérison et de la communauté a contribué à étendre le dialogue au-delà des limites de la scène. Je suis reconnaissant que des articles aient été rédigés à propos de mon travail et de mon voyage. Cette année a permis d’entamer des conversations profondes, significatives et pérennes.


Si j’ai appris une chose, c’est que la langue, qu’elle soit parlée, écrite ou performée, a le pouvoir de transformer une pièce, une personne ou une communauté. Chaque évènement, chaque occasion, chaque long trajet à travers la province n’a fait que réaffirmer la vérité que j’emporte partout avec moi.


La langue est l’origine de toute création. La manière dont nous nous exprimons façonne notre vision du monde, vous dites ce que vous êtes!


Je remercie toutes les personnes qui m’ont ouvert leurs portes, qui ont partagé leur histoire, qui m’ont accueilli dans leur espace et qui m’ont rappelé que le pouvoir des mots vient du pouvoir des gens.


Avec mon immense gratitude,

Matthew-Ray Jones

Poète officiel de l’Ontario


 
 

Le 27 septembre 2025, quelque chose d’incroyable a eu lieu. J’ai eu l’honneur de tenir mon premier évènement majeur en tant que poète officiel de l’Ontario au Living Arts Centre, à Mississauga, en Ontario. C’était A Celebration of Hip Hop and Poetry – Words. Power. Sound. (« Une célébration du hip-hop et de la poésie : Les mots. Le pouvoir. Le son. ») Plus qu’un spectacle, c’était un mouvement, un moment de célébration vivante de la culture, de la communauté et du pouvoir transformateur de la langue et du rythme.

Depuis l’origine du projet, tout était clair dans ma tête : un panel d’artistes que j’aime, que j’admire et que je respecte! Ces artistes sont autant de voix qui ont donné forme à notre culture, qui ont repoussé les limites de la créativité et qui ont travaillé à aider leurs communautés. Cette soirée a largement dépassé mes attentes.

Nous avons ri. Nous avons encouragé. Nous avons crié et applaudi. Nous avons écouté. Nous avons ressenti avec intensité. Et plus que tout, nous avons vu un moment spécial ensemble. L’énergie dans la salle avait quelque chose de sacré. Bien plus qu’une simple estrade, la scène était alors un autel. Chaque artiste s’est donné corps et âme au micro, offrant des fragments de leur cœur, de leur histoire et de leur vérité. L’air était imprégné d’une admiration collective, nous savions que nous étions témoins d’un moment unique.

DJ Straightgoods a commencé en beauté en jetant les bases d’un chef-d’œuvre auditif. Ses mains dansant sur les platines ont construit une ambiance folle, elles nous ont attirés dans la cadence et nous ont guidés par un segment rub-a-dub qui a résonné jusque dans nos âmes.

RaSoul, avec son énergie incomparable et son sourire magnétique, a maintenu le rythme. Aussi bien sur scène qu’au milieu de la foule, il a suscité un sentiment de joie et d’unité qui a rappelé à tout le monde la beauté inhérente à une telle célébration commune.

J’ai même eu la chance de me rapprocher de mon frère biologique, PJ, dans une performance mêlant verbe et arts martiaux avec une bonne dose de talent. Nous nous ressemblons, tous les deux, alors nous avons essayé de perturber le public avec nos changements de rythme. On en a eu plus d’un! Mdr.

Quand Britta B a pris le micro, la salle était figée... puis a bondi sur ses pieds. Avec sa présence et son éclat, elle a dominé la scène et a enflammé le public d’un feu qui n’a fait que gagner en intensité au fur et mesure de la soirée.

Et puis Randell, le premier poète officiel de l’Ontario, était une icône à part entière. Nous avons eu une conversation à cœur ouvert sur son parcours, les obstacles qu’il a surmontés, ses victoires et le passage de flambeau. Ce moment a bouclé la boucle et je m’en souviendrai toute ma vie.

JO Mairs a participé et a absolument incendié la scène avec ses textes frappants, son débit et son style renversants. Et Killabeatz? La foule secouait la tête d’émerveillement au son de ses percussions vocales. Même après des années à jouer avec lui, je suis toujours ébranlé d’entendre une voix produire de tels sons.

Si je devais choisir le moment qui m’a le plus bouleversé de la soirée, ce serait l’acte final. Quand l’équipe de P.E.A.C.E. s’est réunie : RaSoul, moi-même, et la reine de P.E.A.C.E en personne, Nilla. L’air était électrifié. La foule avait les mains en l’air, chantait et dansait de concert, comme unie par un but unique et avec amour. Chacun et chacune profitait des ondes positives. Ce soir-là, nous n’avons pas seulement chanté. Nous nous sommes réunis. Nous avons construit quelque chose tous ensemble, quelque chose que tous pouvaient admirer ce soir-là.

Je suis d’avis que cet évènement n’était pas seulement une occasion pour des talents de se produire sur scène. C’était une nuit pour rendre hommage à un héritage, célébrer une culture et nous souvenir que la poésie et le hip-hop ne sont pas que des formes d’arts, ce sont des vecteurs de vérité, de guérison et de changement.

Je remercie de tout cœur ma famille, ma communauté et chaque personne qui a fait acte de présence et acte d’affection. À toutes les personnes qui lisent ceci, ne manquez pas le deuxième épisode, l’année prochaine! Nous ne faisons que commencer.

Les mots. Le pouvoir. Le son.

Matthew-Ray, alias Testament



 
 
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