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Billets de blog

Difficile de croire que j’entame déjà les derniers mois de mon mandat de poète officiel de l’Ontario. Le temps ne se contente pas de passer, il évolue, il nous enseigne, il nous change si l’on y prête attention. Et pendant le Mois national de la poésie, j’ai vraiment prêté attention. C’est mon deuxième avril dans ce rôle et je me suis surpris à non seulement accomplir mon travail, mais à en être également témoin. À le ressentir dans de nouveaux espaces, à travers de nouvelles voix, dans de nouvelles pièces regorgeant de possibilités.


Le mois a débuté à Vaughan, où j’ai travaillé pendant deux semaines avec des élèves de la Forest Run Public School. Douze ateliers. Douces chances de construire quelque chose ensemble. Nous avons exploré la parole comme manière sympa d’ouvrir et de conclure la représentation de la pièce WICKED jr à l’école. Plus que ça : nous avons exploré la langue comme miroir. L’importance de l’ouverture d’esprit, la beauté de l’amitié et le pouvoir de nos différences sont autant de sujets qui ont guidé nos conversations. Cette occasion de regarder les élèves se retrouver dans ces thèmes m’a rappelé la raison pour laquelle la poésie est toujours si importante. Tout a culminé les 6 et 7 mai alors que parents, profs, frères, sœurs et membres de la communauté se sont rassemblés pour assister à la pièce.


Le 18 avril, Barrie a appelé. Lieu d’un rassemblement de poètes transcendant le temps et les titres : Ty the Poetess, Bruce Meyer, George Elliott Clarke et moi-même. Différents parcours, un objectif partagé. En plus de lire des poèmes, nous avons discuté de transmission. Du passé et de l’avenir de la poésie, en particulier dans un monde sous l’influence grandissante de l’IA. Les choses qui nous maintiennent ancrés au sol sont simples : la vérité, l’expression de soi et le besoin d’être entendu.

Dès le lendemain, le 19 avril, j’étais de retour en territoire familier à Sauga City, ou Mississauga. La rencontre de mon ancien terrain de jeu et de l’endroit qui m’a vu grandir, un partenariat entre Mississauga Arts Council et Poets for PEACE. Aux côtés de Tahira, poétesse officielle de la jeunesse de Mississauga et de Andrea, poétesse officielle de Mississauga, nous avons créé un espace. Fait pour non seulement pour déclamer, mais également pour écrire ensemble. Pour rappeler le fait que la poésie ne se limite pas aux scènes, mais qu’elle vit en toute personne prête à écouter leur voix intérieure et à la faire entendre.


Le 23 avril regorgeait d’une énergie différente. La matinée a commencé au Temple de la renommée du hockey par une présentation de la fondation Herb Carnegie and Future Aces. C’est un lieu sportif plein de personnalité. Le soir venu, le ton est devenu plus réflexif alors que nous nous sommes rassemblés aux Archives publiques de l’Ontario à l’occasion d’un évènement spécial à l’Université de York. Avec Randell Adjei, Amani, Britta B, et Realije, nous avons partagé certains de nos textes vieux de plus de vingt ans. C’était un moment empreint de puissance, la relecture de nos propres mots, un aperçu de la personne que nous étions et le fait de se demander si cette voix résonnait encore en nous. C’était l’occasion d’inviter le public au sein de l’exposition Illuminate Black, qui nous rappelle que les archives sont plus qu’un lieu d’histoire, elles sont un lieu de mémoire. Parce que j’étais présent à son inauguration en février dernier, j’avais besoin de poursuivre la conversation qu’elle avait entamée. L’histoire des Noirs est l’histoire du monde, l’histoire des Noirs est l’histoire du Canada.


Du 24 au 26 avril, les jours se sont enchaînés à un rythme effréné, mais ils étaient unis par le thème du lien. Edenwood Public School. Kings Christian Collegiate. Durham District Catholic School Board. Dans des classes, des auditoires et des espaces virtuels, nous avons exploré la question du sens d’utiliser sa voix. La série Ubuntu « I am because we are » (« Je suis parce que nous sommes ») était plus qu’un thème, c’était un état d’esprit. Et chaque endroit a renforcé celui-ci.

J’ai clôturé le mois en retournant à Sauga City, au Mississauga Valleys Community Centre. J’ai ensuite participé à un autre évènement avec le Mississauga Arts Council et la Ville de Mississauga, cette fois centré sur la jeunesse. C’était un moment magnifique, où j’ai pu voir les participantes et participants écrire, construire et se lever devant leurs pairs pour partager leur travail. Quelque chose de magnifique se produit lorsqu’on sort de sa zone de confort pour prendre la parole!


Le mois d’avril était chargé, fatigant mais ravivant et, plus que tout, encourageant. La poésie a ce pouvoir d’atteindre les espaces qui en ont le plus besoin, non pas comme objet esthétique, mais comme fondation. Comme outil, comme pont.


Alors que j’entame les derniers mois de mon mandant, je ralentis. J’écoute et j’observe plus attentivement en me préparant à la suite. J’ai hâte de poursuivre mon voyage dans la province, de continuer à porter cette parole et à laisser la place aux autres de faire de même. Le pouvoir des mots et de la poésie ne s’épuise pas à la fin du mois de célébration nationale. Il vit dans ce que nous construisons au-delà. Alors nous allons continuer à construire!


Avec passion, gratitude et amour,


Matthew-Ray Jones

Poète officiel de l’Ontario

 
 

Cette année, en tant que poète officiel de l’Ontario, le mois de février a demandé quelque chose de plus profond de moi. Comment poursuivre le travail quand personne ne prête attention? Cette question m’a suivi partout où j’allais. L’association P.E.A.C.E., People Everywhere Actually Coexisting Equally, mène ce travail depuis 15 ans. Plus qu’un slogan, c’est une méthode. L’enseignement, l’autonomisation et les liens communautaires nous permettent de laisser notre empreinte partout où nous allons. Oui, ce travail s’effectue lors d’ateliers, de rassemblements, de formations et d’allocutions,  mais il est aussi présent dans une conversation au détour d’un couloir, dans un regard, dans un silence respectueux et dans le moment où une personne réalise que son histoire est importante.


Ce mois-ci, mes empreintes dessinent une carte vivante. Le 2 février à l’aube, pour mon programme annuel de don, je me suis rendu à Holy Rosary alors que le jour n’était pas encore tout à fait éveillé. L’après-midi et son énergie était différente quand je suis allé à l’école JM Deynes. Deux lieux, un même but : planter une graine pérenne et commencer le mois sur les chapeaux de roue. Le 3 février, je me suis rendu à St Bernard of Clairvaux, puis à quelques établissements correctionnels les 5 et 6 février, où la poésie est plus une question de survie que de performance. Ce sont ces moments qui me rappellent que le Mois de l’histoire des Noirs vit à travers nous. Il vit dans nos choix. Il vit dans notre choix de nous regarder les uns les autres entièrement ou non.


Le 11 février, à l’Académie Bishop Allen, je chapeauterai deux assemblées à la suite où je tâcherai de maintenir un niveau d’énergie élevé et constant. Le 12 février à Queen’s Park, le Mois de l’histoire des Noirs est empreint de formalité, P.E.A.C.E. nous enseigne qu’un héritage ne consiste pas en une parole lancée une fois, mais en des actes posés au quotidien. Comme on dit dans le hip-hop, « Keep It Moving to the K.I.M. »!


Le voyage continuera à l’école publique Wilclay le 13 février avec trois artistes qui unissent leurs styles. Le 17 février, j’organiserai un atelier de poésie parascolaire au centre jeunesse Jonathan Davies, à Malton, où les participantes et participants auront l’occasion de partager leurs voix. J’aurai ensuite droit à une journée sans conduite, car j’animerai un évènement virtuel le 18 février, preuve qu’un objectif commun suffit à nous relier sans devoir nécessairement nous rassembler physiquement. Mes prochains arrêts seront St Margaret of Scotland, à Mississauga, le 19 février et l’école publique Ogden Junior à Toronto le 20 février.


Le 23 février, quand je serai à Ste Monica, à Brampton, je fêterai également mes 44 ans, et je ne peux penser à une meilleure manière de fêter mon anniversaire qu’en partageant mon énergie contagieuse avec une école. Puis, le 24 février, je me rendrai à Sts Peter and Paul quand le mois touchera à sa fin. Cette année, je pense beaucoup au concept d’empreinte. À ce que nous laissons derrière nous en quittant une pièce.


Le 25 février me portera de St Francis De Sales, où je serai le matin, à l’école John Dryden, à Whitby pour la mi-journée. Deux villes, une mission. Le 26 février beatbox et poésie se rencontrent à l’école Joseph A. Gibson. Nous enseignerons ce que les manuels scolaires n’abordent pas et nous inviterons quelques élèves à monter sur scène avec nous! Le 28 février, à l’église Adventiste du Septième Jour de Mississauga, le mois ne se termine pas, non, il expire.


Footprints: It’s All About the Journey (Empreintes : tout est dans le voyage). Explorer l’excellence noire. Honorer la résistance. Laisser place à la joie. Repenser le concept d’héritage comme quelque chose qu’on construit par nos actions quotidiennes, et non comme quelque chose qu’on lègue.

C’est pour cela que ces conversations ne peuvent se limiter au mois de février et doivent avoir lieu tous les jours.


Le Mois de l’histoire des Noirs n’attend pas, alors entretenons sa flamme.


Sincères salutations,


Matthew-Ray Jones,

Poète officiel de l’Ontario



 
 

Ma première année en tant que Poète officiel a été véritablement transformatrice. Des salles de classe aux scènes, des bibliothèques aux festivals, des lectures intimistes aux célébrations qui réunissent des villes entières, les maîtres mots de l’année 2024-2025 sont mouvement, langue et communauté. J’ai parcouru la province pour partager de la poésie, créer des liens et voir de mes yeux la puissance avec laquelle l’art, la culture et la communauté rassemblent.


Les évènements de l’année écoulée me remplissent d’une gratitude profonde. Je suis fier de savoir mon nom inscrit dans l’histoire et je suis empli d’excitation à l’idée de poursuivre mon travail.


Queen’s Park – 26 novembre 2024

Un jalon à jamais dans mon cœur. Les privilèges de me trouver à Queen’s Park avec ma famille, de partager ma passion pour les mots, l’art, le hip-hop et les communautés qui m’ont élevé motivent mon travail.


Ma prise de parole à l’occasion du lancement de la majeure en étude sur les Noirs était un moment absolument épique.

Quelle réussite pour cette institution, pour cette communauté et pour les générations qui se sont battues pour cet acte de reconnaissance. Je suis encore abasourdi à l’idée d’avoir participé à ces évènements historiques cette année.


Tout est devenu encore plus irréel quand Dwayne Morgan a affiché nos visages sur un panneau géant sur la place Sankofa à l’occasion du spectacle « When Brothers Speak ». Je n’ai jamais imaginé vivre de telles expériences.


Chaque évènement m’a rappelé que la poésie est bien toujours une force vivante. Notre conversation à propos de la création orale, de la guérison et de la communauté a contribué à étendre le dialogue au-delà des limites de la scène. Je suis reconnaissant que des articles aient été rédigés à propos de mon travail et de mon voyage. Cette année a permis d’entamer des conversations profondes, significatives et pérennes.


Si j’ai appris une chose, c’est que la langue, qu’elle soit parlée, écrite ou performée, a le pouvoir de transformer une pièce, une personne ou une communauté. Chaque évènement, chaque occasion, chaque long trajet à travers la province n’a fait que réaffirmer la vérité que j’emporte partout avec moi.


La langue est l’origine de toute création. La manière dont nous nous exprimons façonne notre vision du monde, vous dites ce que vous êtes!


Je remercie toutes les personnes qui m’ont ouvert leurs portes, qui ont partagé leur histoire, qui m’ont accueilli dans leur espace et qui m’ont rappelé que le pouvoir des mots vient du pouvoir des gens.


Avec mon immense gratitude,

Matthew-Ray Jones

Poète officiel de l’Ontario


 
 
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