Le Mois national de la poésie et plus : des bonnes ondes à n’en plus finir!
- 29 juin
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Difficile de croire que j’entame déjà les derniers mois de mon mandat de poète officiel de l’Ontario. Le temps ne se contente pas de passer, il évolue, il nous enseigne, il nous change si l’on y prête attention. Et pendant le Mois national de la poésie, j’ai vraiment prêté attention. C’est mon deuxième avril dans ce rôle et je me suis surpris à non seulement accomplir mon travail, mais à en être également témoin. À le ressentir dans de nouveaux espaces, à travers de nouvelles voix, dans de nouvelles pièces regorgeant de possibilités.
Le mois a débuté à Vaughan, où j’ai travaillé pendant deux semaines avec des élèves de la Forest Run Public School. Douze ateliers. Douces chances de construire quelque chose ensemble. Nous avons exploré la parole comme manière sympa d’ouvrir et de conclure la représentation de la pièce WICKED jr à l’école. Plus que ça : nous avons exploré la langue comme miroir. L’importance de l’ouverture d’esprit, la beauté de l’amitié et le pouvoir de nos différences sont autant de sujets qui ont guidé nos conversations. Cette occasion de regarder les élèves se retrouver dans ces thèmes m’a rappelé la raison pour laquelle la poésie est toujours si importante. Tout a culminé les 6 et 7 mai alors que parents, profs, frères, sœurs et membres de la communauté se sont rassemblés pour assister à la pièce.
Le 18 avril, Barrie a appelé. Lieu d’un rassemblement de poètes transcendant le temps et les titres : Ty the Poetess, Bruce Meyer, George Elliott Clarke et moi-même. Différents parcours, un objectif partagé. En plus de lire des poèmes, nous avons discuté de transmission. Du passé et de l’avenir de la poésie, en particulier dans un monde sous l’influence grandissante de l’IA. Les choses qui nous maintiennent ancrés au sol sont simples : la vérité, l’expression de soi et le besoin d’être entendu.
Dès le lendemain, le 19 avril, j’étais de retour en territoire familier à Sauga City, ou Mississauga. La rencontre de mon ancien terrain de jeu et de l’endroit qui m’a vu grandir, un partenariat entre Mississauga Arts Council et Poets for PEACE. Aux côtés de Tahira, poétesse officielle de la jeunesse de Mississauga et de Andrea, poétesse officielle de Mississauga, nous avons créé un espace. Fait pour non seulement pour déclamer, mais également pour écrire ensemble. Pour rappeler le fait que la poésie ne se limite pas aux scènes, mais qu’elle vit en toute personne prête à écouter leur voix intérieure et à la faire entendre.
Le 23 avril regorgeait d’une énergie différente. La matinée a commencé au Temple de la renommée du hockey par une présentation de la fondation Herb Carnegie and Future Aces. C’est un lieu sportif plein de personnalité. Le soir venu, le ton est devenu plus réflexif alors que nous nous sommes rassemblés aux Archives publiques de l’Ontario à l’occasion d’un évènement spécial à l’Université de York. Avec Randell Adjei, Amani, Britta B, et Realije, nous avons partagé certains de nos textes vieux de plus de vingt ans. C’était un moment empreint de puissance, la relecture de nos propres mots, un aperçu de la personne que nous étions et le fait de se demander si cette voix résonnait encore en nous. C’était l’occasion d’inviter le public au sein de l’exposition Illuminate Black, qui nous rappelle que les archives sont plus qu’un lieu d’histoire, elles sont un lieu de mémoire. Parce que j’étais présent à son inauguration en février dernier, j’avais besoin de poursuivre la conversation qu’elle avait entamée. L’histoire des Noirs est l’histoire du monde, l’histoire des Noirs est l’histoire du Canada.
Du 24 au 26 avril, les jours se sont enchaînés à un rythme effréné, mais ils étaient unis par le thème du lien. Edenwood Public School. Kings Christian Collegiate. Durham District Catholic School Board. Dans des classes, des auditoires et des espaces virtuels, nous avons exploré la question du sens d’utiliser sa voix. La série Ubuntu « I am because we are » (« Je suis parce que nous sommes ») était plus qu’un thème, c’était un état d’esprit. Et chaque endroit a renforcé celui-ci.
J’ai clôturé le mois en retournant à Sauga City, au Mississauga Valleys Community Centre. J’ai ensuite participé à un autre évènement avec le Mississauga Arts Council et la Ville de Mississauga, cette fois centré sur la jeunesse. C’était un moment magnifique, où j’ai pu voir les participantes et participants écrire, construire et se lever devant leurs pairs pour partager leur travail. Quelque chose de magnifique se produit lorsqu’on sort de sa zone de confort pour prendre la parole!
Le mois d’avril était chargé, fatigant mais ravivant et, plus que tout, encourageant. La poésie a ce pouvoir d’atteindre les espaces qui en ont le plus besoin, non pas comme objet esthétique, mais comme fondation. Comme outil, comme pont.
Alors que j’entame les derniers mois de mon mandant, je ralentis. J’écoute et j’observe plus attentivement en me préparant à la suite. J’ai hâte de poursuivre mon voyage dans la province, de continuer à porter cette parole et à laisser la place aux autres de faire de même. Le pouvoir des mots et de la poésie ne s’épuise pas à la fin du mois de célébration nationale. Il vit dans ce que nous construisons au-delà. Alors nous allons continuer à construire!
Avec passion, gratitude et amour,
Matthew-Ray Jones
Poète officiel de l’Ontario